Après de longues heures passées à explorer le pavillon Letulle, je me dirige vers la seconde structure : le pavillon Varenne, perché cent mètres plus haut. Sa façade en briques tranche avec la pierre du premier bâtiment.
L’accès y est encore plus restreint. Alors que je rampe au sol pour franchir un passage au ras du sol, une voix ferme m'interrompt : « Qu’est-ce que vous faites là ?! ». Un vigile se tient derrière moi, tenant en laisse un impressionnant chien muselé. Plutôt que de paniquer, je joue la carte de la transparence en lui expliquant ma démarche photographique. L'homme se montrant calme et à l’écoute, je tente le tout pour le tout : « Accordez-moi 15 minutes chrono pour immortaliser ce pavillon, et je m’engage à quitter le site définitivement ». À ma grande surprise, le vigile accepte. Remerciements rapides, puis je m'engouffre dans le pavillon. Les lampes s'allument, la caméra tourne. Au premier étage, une immense terrasse s'étire sur toute la longueur de la façade. C'est ici que les malades s'exposaient aux rayons du soleil sur des chaises longues, sous l'œil attentif du personnel soignant.
Une ultime ascension me mène sous la charpente. Les combles servent de dépôt : un bric-à-brac de lits, de tables et d'armoires y est entassé, comme pour sceller les souffrances et les drames vécus entre ces murs.
Le chrono tourne. Pour tenir ma promesse envers le gardien, je redescends rapidement et traverse la végétation sauvage jusqu'à mon véhicule.
Alors que la nuit s'installe, je range mon équipement avec le sentiment du devoir accompli. Malgré la tension constante, cette immersion au sanatorium Villemin reste un moment fort. À travers ces clichés, l'urbex remplit sa plus belle mission : offrir un dernier témoignage visuel avant que le temps ou les hommes ne fassent disparaître l'Histoire.
Note de fin d'exploration : Si je peux mentionner explicitement le nom du sanatorium aujourd'hui, c'est que le site est désormais sauvé. Un vaste projet de réhabilitation et de rénovation est en cours, mettant l'édifice à l'abri des pilleurs et des dégradations ultérieures.
Article de Tim Okering
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