Dans le cadre de la loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur (LOPMI), la création de 239 brigades de gendarmerie et la montée en puissance de la réserve opérationnelle (RO), appui indispensable aux missions de sécurité publique du quotidien, poursuivront cet objectif tout en augmentant la proximité avec la population. Pour garantir l'efficience et la pertinence de cette présence de voie publique, les échelons territoriaux orientent leurs services en se basant sur une analyse fine des zones de vulnérabilité et des créneaux propices aux cambriolages. Les lieux cambriolés bénéficient d'une prise en compte systématique par des gendarmes techniciens spécifiquement formés aux constatations sur ce type de faits (techniciens en identification criminelle (TIC) ou TIC de proximité (TICP) ) lesquels disposent de matériels adaptés et dédiés à la recherche d'indices. Il en est de même pour les services de la police nationale. Les gendarmes et policiers sont également sensibilisés à la dimension numérique de la preuve et s'attachent à rechercher tous les moyens d'identifier les auteurs via les objets connectés, la téléphonie et les dispositifs de vidéosurveillance (publics et privés). Les investigations menées dans le cyberespace constituent également un levier pour appréhender et juguler ce phénomène. À Paris, l'accès des catacombes et de son dédale de 280 km de galeries est formellement interdit par un arrêté préfectoral du 2 novembre 1955, notamment en raison de la dangerosité des lieux (risques de se perdre, éboulements ou chute dans des puits). Un groupe d'intervention et de protection (GIP) de la préfecture de police effectue des patrouilles quasi-quotidiennes. Il est chargé de rechercher, reconduire en surface et verbaliser des individus se trouvant illégalement dans les carrières de Paris et mettre en place un plan de recherche par secteur en cas de signalement de personnes disparues. Il procède aux vérifications techniques et à la sécurisation générale du réseau en relation avec l'inspection générale des carrières (IGC) à qui il signale les plaques d'accès dessoudées ou l'ouverture de nouveaux passages. L'IGC procède en réponse au scellement de plaques d'accès et à l'injection de béton dans les galeries. Elle organise également, mensuellement, des missions de sécurisation de soirée et de nuit pour contrôler la fréquentation du réseau et reconduire en surface les "cataphiles". En 2022, le GIP a effectué 286 missions qui ont donné lieu à 311 contraventions et 11 interpellations. Pour prendre en compte et évacuer les blessés, les effectifs du groupe d'intervention en milieu périlleux (GRIMP) de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris sont compétents pour intervenir dans les carrières du sous-sol de la capitale. Entre 2020 et 2023, ces lieux ont généré 17 interventions des sapeurs-pompiers, permettant de porter assistance à 104 victimes. Ce sont des opérations souvent longues, 3h en moyenne, et qui mobilisent un nombre conséquent de militaires (15 en moyenne) et de véhicules de secours (4 par opération). Au regard de la surface à couvrir, le dispositif de sécurisation actuel paraît correctement dimensionné. Toutefois, l'apparition cyclique de nouvelles brèches engendre ponctuellement une hausse de fréquentation des sous-sols parisiens. Une fois les accès détectés et refermés, le nombre de visiteurs diminue fortement. Aussi, des mesures visent à réduire le nombre d'accès aux carrières, notamment avec le renforcement des dispositifs de verrouillage des puits, le scellement des plaques d'accès et la présence policière. Enfin, dans le cadre du renforcement de la répression du non-respect des décrets et arrêtés de police, le décret n° 2022-185 du 15 février 2022 modifiant la classe de la contravention prévue à l'article R. 610-5 du Code pénal et instituant de nouvelles contraventions a été signé. Il s'ensuit que l'exploration illégale des catacombes parisiennes, qui était précédemment soumise à une amende de la 1ère classe (38euros d'amende) est, depuis février 2022, sanctionnée d'une amende de la 2ème classe (150euros d'amende), plus à même de dissuader les contrevenants.
Publiée dans le JO Sénat du 07/12/2023 - page 6783