L'exploration d'un géant déchu

Le 18/06/2026 0

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Sur le carreau de mine des Houillères abandonné les vestiges industriels sont encore visibles

Une partie des infrastructures démolie

C'est au cœur des vestiges des Houillères de Lorraine que nous avons posé nos sacs pour une exploration hors du commun. Si une partie des infrastructures a malheureusement été démolie, ce site d'extraction — qui a vu le charbon couler à flot pendant 90 ans — reste monumental. Face à l'immensité de ce complexe qui comptait autrefois cinq puits de mine, le vertige nous gagne : par où commencer ? Aujourd'hui, seuls trois chevalements se dressent encore fièrement vers le ciel, derniers sentinelles et témoins silencieux d'un glorieux passé industriel.

Les chevalements sur le carreau de mine

Un siècle d'histoire sous la terre

Si les premiers sondages du début du XIXe siècle révèlent le gisement, il faut attendre 1904 pour que le fonçage du premier puits débute réellement. L'extraction commerciale démarre à l'aube de la Première Guerre mondiale, rapidement suivie par le creusement du puits n°2 et l'installation d'un lavoir. En 1910, un système de pompage intensif permet de doper la production.

En surface, le paysage s'organise : les grands bains-douches, le bâtiment administratif, les ateliers et la centrale thermique sortent de terre. Durant l'entre-deux-guerres, la mine tourne à plein régime. Un troisième puits est creusé pour assurer l'aération des deux premiers. Durant cette période faste, le site parvient à extraire près d'un million de tonnes de houille.

L'ensemble est inscrit au titre des monuments historiques

La grande verrière est imposante

De la reconstruction au déclin : le poids du drame

À la Libération par les troupes américaines, le bilan est lourd : les chantiers souterrains sont noyés sous 70 mètres d'eau et les superstructures sont en ruines. Pourtant, l'effort de guerre impose une reprise dès 1946. Le déclin s'amorce quelques décennies plus tard, scellant la fermeture des puits 3 et 4 en 1973 et 1988.

L'histoire du site est aussi marquée par le deuil. En 1985, un terrible coup de grisou coûte la vie à 22 mineurs et fait plus de cent blessés. Ce drame restera à jamais comme la dernière grande catastrophe minière de l'histoire de France. Douze ans plus tard, en 1997, un ultime wagonnet symbolique remonte à la surface, actant la fin définitive de l'épopée du charbon dans le bassin lorrain.

la salle de contrôle
les matricules de mineur dans la salle des pendus
les crochets à vêtement dans la salle des pendus

Une exploration hors du temps

Cette immersion nous a profondément marqués. Au-delà de la leçon d'histoire, nous avons découvert la complexité technique phénoménale qu'exigeait l'extraction de la roche à de telles profondeurs. Nous étions loin de nous douter de la richesse des vestiges qui nous attendaient derrière les grilles du carreau.

Entre les machines monumentales et la salle des commandes, le point d'orgue de notre visite reste l'accès à la célèbre « salle des pendus » (le vestiaire des mineurs). C'est sans doute l'un des derniers lieux de ce type conservé en l'état en France. Dans un silence désormais de plomb, les milliers de crochets suspendus dans le vide s'étirent tout au long de cet immense bâtiment compartimenté.

Le saviez-vous ? On appelait cet endroit la « salle des pendus » car les mineurs y suspendaient leurs vêtements de ville puis de travail au plafond à l'aide de chaînes et de poulies, afin de gagner de la place au sol et de faciliter le séchage des habits.

De cette aventure mémorable, nous avons rapporté des images et des vidéos exclusives que nous vous laissons découvrir ci-dessous.

Reportage: Tim et son équipe

Album photo: Carreau de mine de charbon  

 

CATASTROPHE MINIÈRE : il faut SAUVER ce site industriel abandonné en LORRAINE !

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